Je suis élu ou responsable de projet au service Environnement
d’une collectivité locale ou territoriale
Quelle peut être la place du compostage de proximité dans la politique
de gestion des déchets sur mon territoire ? Quelle est la démarche
à suivre pour en évaluer la pertinence technique et économique
?
Le compostage de proximité des biodéchets sur un territoire est
une alternative à la collecte et au transfert de cette catégorie
de déchets vers des installations centralisées de grande capacité.
Ce principe prend tout son sens en zone rurale, où les coûts de
collecte et de transfert représentent un poids important.
Au-delà de la dimension technique et économique, le compostage
de proximité a une fonction sociale facilitant le développement
de pratiques eco-citoyennes et de services de proximité adaptés
aux contraintes des politiques d’aménagement du territoire en
zone rurale.
Le « pré-diagnostic compostage de proximité » est un outil d’aide
à la décision utilisé par le COSTIC pour assister la collectivité
dans sa réflexion ( pour
en savoir plus ). Il permet, à partir de l’analyse du contexte
communal et d’un état des lieux de la gestion des déchets ménagers
et assimilés :
- d’analyser l’opportunité du compostage de proximité
des biodéchets
- d’identifier les points faibles et les points forts
pour la mise en place d’un tel projet
- de préciser le contenu technique et financier d’un programme
de mise en œuvre du compostage de proximité.
Quels sont les principaux « dispositifs » de compostage de proximité
disponibles ?
En France, contrairement aux pays scandinaves, germaniques et
helvétiques, s’il l’on excepte le compostage individuel, le compostage
de proximité des biodéchets est peu développé en dehors des plates-formes
de compostage des déchets verts.
Pourtant des solutions variées sont disponibles pour différentes
échelles de production : le pavillon, le quartier, le village,
les entreprises spécialisées (restauration, agro-alimentaire,…)
productrices de biodéchets. Ces solutions mobilisent des organisations
et des techniques diversifiées de petite capacité de traitement
: compostage statique en bacs, petite plate-forme, compostage
accéléré en bioréacteur ( pour
en savoir plus ).
Les exploitants des dispositifs pourront être, selon le cas, l'habitant,
la collectivité, un agriculteur, une entreprise d’espaces verts,
etc.
Le compostage de proximité : combien ça coûte, théoriquement et
dans la réalité ?
Les coûts d’investissements sont très dépendants du dispositif
choisi, de la capacité de traitement et du degré d’automatisation
du dispositif. Néanmoins jusqu’à 1000 habitants, les coûts d’investissement
se situeront entre 15 et 100 €/hab. L’utilisation de dispositifs
de proximité sur un territoire offre la possibilité d’une mise
en place progressive permettant de planifier les investissements
et facilitant l’amélioration continue des performances.
Dans l’hypothèse du traitement par compostage de proximité de
90 kg de biodéchets /habitant.an, le coût global d’exploitation
se situe entre 60 et 100 €/t. Ce coût est, en général, sensiblement
inférieure au coût global de la gestion des ordures ménagères
en milieu rural (collecte, transfert et traitement).
La véracité des coûts à la tonne annoncés se pose effectivement
en matière de traitement sélectif des déchets. Ceux-ci dépendent
notamment du taux de captage et de la qualité du tri. La gestion
de proximité facilite en principe l’amélioration des résultats
dans ces domaines si les moyens de suivi et de corrections des
dysfonctionnements sont adaptés.
Je suis un particulier, jardinier amateur
Pour connaître l’essentiel sur le compostage individuel
des déchets organiques consultez le guide
pratique de l'ADEME
Pourquoi composter ?
- Pour réduire le poids de mes poubelles
- Pour produire mon propre humus et nourrir mon jardin 100%
naturellement
- Pour protéger l’environnement
- Pour réduire les coûts du traitement des ordures ménagères.
Composter en tas ou dans un bac ?
Le tas est particulièrement indiqué si on a de la place, un grand
jardin et beaucoup de déchets à composter. Le bac à compost ou
composteur convient parfaitement aux débutants, évite les nuisances
visuelles et protège des animaux. Le bac vous permet de réduire
l’encombrement au sol, de conserver l’endroit propre et d’accélérer
la fermentation en maintenant la chaleur et l’humidité.
Le bac à compost peut-être en bois, en plastique, en treillis
métallique, en parpaing… Vous pouvez l'acheter (
matériels de compostage et fournisseurs ), mais également
le construire, comme nous avons fait pour certains composteurs
du centre d'accueil( la vitrine du centre
).
Il convient de composter dans un endroit du jardin facile d’accès,
ombragé et à l’abri des vents dominants. Il faut aussi disposer
d'assez de place pour les opérations de retournement.
Déposez le compost ou le composteur à même le sol. Ceci permettra
aux micro-organismes du sol, aux vers et aux insectes responsables
de la dégradation d'y accéder plus facilement.
Peut-on composter les déchets de cuisine ?
Généralement tous les déchets de cuisine (crus, cuits) sont compostables,
à condition de couper en morceaux les éléments de grande taille
(melons, pommes de terre…). Certains le sont difficilement (os,
coquilles d’œufs, agrumes, coquillages), d’autres peuvent générer
des odeurs ( restes de viande et de poisson,..).
Tous les déchets de jardin sont également généralement compostables.
Les déchets de bois (taille, sciure,...) et les feuilles constituent
un complément utile pour composter certains déchets de cuisine
car ils apportent du carbone et aèrent la masse de déchets humides.
Il convient également de couper en petits morceaux les éléments
de grande taille, comme les branches.
Peut-on composter en hiver ?
En hiver, le compostage, comme la nature, fonctionne au ralenti,
surtout avec des bacs peu isolés. On peut néanmoins continuer
à introduire ses déchets, car la dégradation se poursuit (les
vers de terre pourront coloniser votre bac) , et s'accélérera
avec les premières chaleurs du printemps.
Y- a-t-il des recettes particulières pour faire un bon compost
?
Tout jardinier souhaitant composter se doit de respecter 4 règles
de bases :
1. Fragmenter ou broyer les déchets de jardin et de cuisine les
plus grossiers afin de faciliter leur retournement et accélérer
leur dégradation naturelle.
2. Diversifier les déchets en alternant des couches successives
peu épaisses de déchets de cuisine et déchets de jardin (10 à
15 cm)
3. Brasser, aérer et mélanger régulièrement le contenu du composteur
afin d’éviter le tassement et l’asphyxie de votre compost.
4. Vérifier l’humidité du compost : arroser quand c’est trop sec,
brasser quand c’est trop humide.
Est-il nécessaire d’ajouter des additifs, des accélérateurs des
réactions…?
Le compostage est un processus qui se déroule naturellement et
pour lequel toute substance chimique constituerait, dans la plupart
des cas, une pollution.
Il existe par contre des produits naturels qui peuvent aider la
dégradation : on connaît ainsi les vertus des orties ou du purin
d’orties ou de la consoude de Russie.
Mon composteur sent mauvais, Il est envahi de mouchettes, de guêpes.
Que faire ?
Les mauvaises odeurs peuvent être dues notamment à un excès d'humidité,
à un tassement excessif ou à l’introduction de certains déchets
de cuisine (viande, poisson,...)
Si le compost est trop humide ou tassé, il faut le retourner et
éventuellement l’étaler pour le laisser sécher au soleil.
Pour réduire les mauvaises odeurs liées à l’introduction dans
le composteur de viande ou de poisson et limiter la présence d’insectes,
ajouter une couche de déchets de jardin structurant ( des feuilles
mortes, des copeaux ou de la sciure de bois, des déchets verts
secs broyés) et éventuellement du compost ou de la terre.
Dans la mesure du possible, préférez un endroit ombragé pour implanter
votre composteur.
Comment savoir si le compostage se déroule correctement ?
L’absence d’odeurs désagréable est en soi une signal encourageant.
L’élévation de la température au cœur de la matière révèle une
activité de décomposition. Pour la déceler pratiquez de la manière
: Plantez une barre métallique dans au cœur du tas de compost,
la laissez quelques minutes, puis sortez-la et contrôlez la partie
enfoncée :
- Si elle est chaude et humide, tout va bien.
- Si elle est chaude et sèche, il faut arroser le compost.
- Si elle est humide et froide, il faut retourner le compost.
La sécheresse du compost notamment en été peut
ralentir fortement la dégradation. Le test du poing est un moyen
simple pour contrôler l’humidité du tas. Cela consiste à prendre
une poignée de compost au cœur de la matière, puis de la serrer
fort dans la main :
- Si le compost est humide et ne se délite pas quand on ouvre
la main, l’humidité est correcte.
- Si le compost se délite quand on ouvre la main, il est trop
sec, il faut l’arroser.
- Si de l’eau ruisselle, le compost est trop humide, il faut
le retourner.
Qu’apporte le compost à la terre ? Comment l'utiliser ?
Le compost apporte de la matière organique, améliore la structure
du sol, sa capacité de rétention en eau, ses qualités physico-chimiques
et améliore sa capacité à retenir et utiliser les nutriments.
Il peut être facilement mélangé à la terre dans le potager ou
dans les massifs de fleurs : il convient alors d'utiliser un compost
mûr (2 à 8 kg/m²).
Le compost frais peut être étalé sur le sol au début de l’hiver
ou incorporé au sol lors des premiers labours. On peut également
épandre une couche de plusieurs centimètres de compost au pied
des plantations pour éviter la repousse des mauvaises herbes (3
à 5 Kg/m²).
Combien temps faut-il pour obtenir du compost ?
Un certain temps mon capitaine…
Cela dépend notamment de la qualité du jardinier mais également
de l’usage que vous voulez faire du compost. De manière générale,
si le compostage a été bien mené…:
- un compost frais (pas complètement décomposé) de 3-4 mois,
peut servir de paillis au pied des arbres et des arbustes
- un compost mûr (bien décomposé) de 6-8 mois.
Je suis gestionnaire d’une entreprise produisant des biodéchets
(restauration, agroalimentaire, surface de vente de fruits et
légumes,...)
Quelles sont les obligations réglementaires actuelles et les évolutions
à court terme concernant la gestion des biodéchets ?
Depuis 2000, il est interdit d’utiliser les déchets alimentaires
pour l’alimentation des animaux d'élevage dont la viande est destinée
à la consommation humaine. Contrairement aux déchets d’emballages,
aucune réglementation ne vous impose une gestion sélective de
vos biodéchets. Néanmoins à partir de juillet 2002, seuls les
déchets ultimes peuvent être admis dans les centres de stockage
pour déchets ultimes. A priori, à terme, vos biodéchets ne pourront
y être admis. Si vos déchets sont collectés par un service de
collecte public des déchets ménagers, vous devez vous conformer
aux modes de collecte mis en place. Les collectivités, dans le
cadre de la mise en place des plans départementaux d’élimination
des déchets, organiseront de plus en plus la valorisation matière
des biodéchets.
Quelles sont les solutions disponibles de gestion sélective des
biodéchets et leurs contraintes respectives ?
Il peut exister, sur votre territoire, des filières de valorisation
des biodéchets (compostage, méthanisation). Demandez à votre prestataire
de collecte (public ou privé) les conditions techniques et financières
pour y traiter vos biodéchets. Il sera sans doute nécessaire de
mettre en place dans votre établissement une gestion sélective
de ces déchets, qui demandera quelques aménagements en terme d’organisation
et d’équipements de stockage. Si aucune filière collective de
valorisation de biodéchets n’existe, il est parfois envisageable
de les traiter (compostage, méthanisation) au sein même de votre
établissement. Le traitement sélectif des biodéchets génère dans
certains cas des économies financières. Cette action peut également
être intégrée à votre « plan environnement entreprise ».
Quelle est l’offre disponible de dispositifs de compostage in
situ (caractéristiques, investissement, contraintes et coût d’exploitation)
?
Il existe plusieurs types de dispositifs disponibles adaptés au
compostage in situ des biodéchets des entreprises (compostage
en silos ou en réacteur) ( matériels de
compostage et fournisseurs ). Les installations devront être
adaptées aux exigences spécifiques de votre activité (caractéristiques
qualitatives et quantitatives des déchets) et de votre établissement
(degré d’automatisation de la gestion du procédé). La mise en
place d’un tel système nécessitera d’organiser le tri et le stockage
sélectif des biodéchets, d’aménager un espace pour recevoir le
dispositif de compostage, la maturation et l’utilisation du compost.
La réussite du projet passera nécessairement par une communication
adaptée vers l’ensemble du personnel et les usagers. La gestion
du dispositif de compostage pourra être intégrée aux tâches d’un
employé motivé et formé ou, éventuellement, externalisée. Pour
un établissement de restauration, l’investissement pour un dispositif
de compostage in situ pourra s’établir entre 30 et 60 € par le
nb. de repas/jour, selon la taille du restaurant et le degré d’automatisation
du procédé. Le coût d’exploitation pourra s’établir entre 120
et 170 €/tonne de déchet composté. Ce coût sera à comparer au
coût de prise en charge des déchets par votre prestataire.
Comment faire pour passer à l’acte ?
Dans tous les cas, pour évaluer la faisabilité technique et la
pertinence économique d’une gestion sélective des biodéchets,
il est conseillé de réaliser un pré-diagnostic compostage de proximité
( pour en savoir plus
). |